Prévention des chutes en EHPAD : stratégie et plan d’action
Structurer une stratégie d’établissement, organiser la gouvernance, suivre les indicateurs et réévaluer les résultats.
Cette page pilier aide la direction, les cadres et les équipes à organiser une stratégie globale : gouvernance, priorités, indicateurs, coordination des ressources et réévaluation. Cette gouvernance peut notamment s’appuyer sur le coordinateur IDEC pour relier les observations des équipes, l’organisation des soins et le suivi des actions. Pour la mise en œuvre terrain, la checklist dédiée détaille les actions concrètes.
La prévention des chutes en EHPAD repose sur quatre leviers : identifier les résidents à risque, sécuriser les levers nocturnes, adapter l’environnement et suivre des indicateurs pour réduire les récidives.
Repère chiffres : Domalys a regroupé les données officielles sur les chutes après 65 ans : hospitalisations, décès, coûts, France, monde et EHPAD.
Choisir le bon niveau de lecture : cette page traite du pilotage global de la prévention. Pour passer aux mesures à exécuter sur le terrain, consultez la checklist des 10 actions concrètes. Pour comprendre le cadre public lancé en 2022, consultez l’article sur le Plan antichute national des personnes âgées.
La démarche présentée s’appuie notamment sur les recommandations de la Haute Autorité de Santé sur la prévention des chutes chez la personne âgée, le Plan antichute des personnes âgées du ministère chargé des Solidarités et les données de la DREES sur les résidents d’EHPAD.
Pourquoi les chutes restent prioritaires
Une chute peut entraîner fracture, hospitalisation, peur de remarcher, réduction des déplacements et perte d’autonomie. Les statistiques sur les chutes des personnes âgées permettent de replacer les actions de prévention dans leur contexte sanitaire.
Hospitalisations en 2024
Donnée recensée chez les personnes âgées de 65 ans et plus en France, selon les chiffres publics disponibles en 2026.
Décès en 2024
Les décès en lien avec une chute rappellent l’intérêt d’un repérage précoce et d’une intervention rapide.
Coût annuel estimé
Le coût des chutes en France justifie une lecture globale : prévention, équipement, organisation et suivi.
Source Domalys : retrouvez le détail des périmètres France, monde et EHPAD dans la page Études et chiffres sur les chutes chez les personnes âgées.
Identifier les résidents les plus exposés
La prévention commence par une évaluation structurée croisant l’état clinique, l’autonomie, les antécédents, l’environnement et les moments à risque.
Facteurs médicaux
- Troubles de l’équilibre ou de la marche.
- Troubles cognitifs ou désorientation.
- Douleurs, fatigue ou déshydratation.
- Baisse de tension au passage debout, vertiges ou traitements à risque.
Facteurs environnementaux
- Éclairage insuffisant ou mal orienté.
- Obstacle entre le lit et les toilettes.
- Absence de point d’appui.
- Appel malade difficile à atteindre
Facteurs liés à l’autonomie
- Transferts difficiles.
- Lever précipité.
- Perte de force musculaire.
- Aides techniques mal utilisées.
Sécuriser les levers nocturnes dans le plan de prévention
La nuit concentre plusieurs facteurs de risque : réveil, désorientation, faible luminosité, urgence d’aller aux toilettes et déplacements sans témoin. À l’échelle de l’établissement, l’objectif est d’identifier les chambres les plus exposées puis d’adapter les mesures au profil du résident et à l’environnement.
Environnement
Dégager les cheminements, limiter les obstacles et vérifier l’accès aux aides habituelles.
Éclairage
Prévoir un repérage lumineux adapté afin d’éviter un passage brutal de l’obscurité à un éclairage trop fort.
Organisation
Croiser les horaires de chute, les habitudes de lever et les besoins de surveillance ou de détection.
Comment hiérarchiser les priorités de l’établissement ?
Le pilotage repose sur une hiérarchisation partagée des situations à traiter. Les données de chute, les profils concernés et les retours d’équipe servent à définir les priorités de l’établissement avant de choisir les mesures opérationnelles.
Signaux à croiser
- Antécédents de chute ou récidive récente.
- Levers nocturnes fréquents ou trajet lit-toilettes sensible.
- Désorientation, troubles cognitifs ou appel malade peu utilisé.
- Transferts difficiles, fatigue ou perte de force.
- Chambre encombrée, éclairage insuffisant ou repères faibles.
Indicateurs à suivre chaque mois
- Nombre de chutes par lieu et par horaire.
- Nombre de chutes sans témoin ou sans appel volontaire.
- Temps estimé passé au sol lorsque l'information est disponible.
- Chambres avec récidive et actions correctives réalisées.
- Retours des équipes sur les alertes, l'environnement et les transferts.
Prévention, éclairage et détection
La prévention réduit la probabilité de chute, l’éclairage sécurise le lever et la détection réduit le délai d’alerte lorsque l’événement survient.
| Approche | Objectif | Exemples | Ressource |
|---|---|---|---|
| Prévenir | Réduire la probabilité. | Évaluation, chambre dégagée, aides techniques et mobilier adapté. | Mobilier EHPAD |
| Sécuriser | Rendre le lever lisible. | Éclairage doux, repères visuels et trajet dégagé. | Noctulys® |
| Détecter | Réduire le délai d’alerte. | Alerte automatique en cas de chute sans témoin. | Aladin+® |
| Mesurer | Objectiver l’impact. | Nombre de chutes, temps au sol, coûts et récidives. | Calculateur |
Quels indicateurs suivre ?
Un plan antichute doit être mesurable. Les indicateurs permettent de prioriser les chambres, repérer les récidives et vérifier si les actions réduisent le risque.
Événement
- Nombre de chutes.
- Lieu et horaire.
- Chute avec ou sans témoin.
Conséquence
- Temps passé au sol.
- Transfert ou hospitalisation.
- Retentissement sur l’autonomie.
Profil
- Récidive.
- GIR ou niveau d’aide.
- Traitements ou désorientation.
Action
- Mesure corrective.
- Équipement installé.
- Réévaluation planifiée.
6 dimensions pour piloter une stratégie antichute
Une stratégie d’établissement doit être gouvernée, documentée, attribuée à des responsables et réévaluée dans le temps.
Cartographier
Identifier les résidents, horaires et chambres prioritaires.
Mesurer
Suivre les chutes, récidives, lieux et temps mobilisé.
Définir les leviers
Choisir les familles d’actions à approfondir selon les risques documentés.
Organiser les moyens
Arbitrer les ressources humaines, matérielles et budgétaires nécessaires.
Coordonner
Clarifier les responsabilités, les transmissions et les modalités de suivi.
Réévaluer
Comparer les résultats avant et après les actions menées.
Ce que les équipes observent souvent sur le terrain
Dans un établissement, la chute est rarement liée à un seul facteur. Elle apparaît souvent au croisement d'un moment sensible, d'un environnement peu lisible et d'une capacité d'appel limitée.
Le lever nocturne
Le résident se lève rapidement, parfois désorienté, avec un trajet lit-toilettes mal éclairé ou encombré. L'action prioritaire consiste à rendre ce déplacement plus lisible.
La chute sans appel
Après l'événement, le résident peut être trop éloigné du bouton, confus, douloureux ou incapable de déclencher l'appel malade. La détection automatique peut alors compléter le dispositif manuel.
La récidive
Une chambre, un horaire ou un profil résident peut concentrer plusieurs incidents. Le suivi des lieux, heures et causes probables aide à prioriser les corrections.
À l’EHPAD Géraud de Pierredon de Gençay, une infirmière coordinatrice et une aide-soignante expliquent comment elles utilisent Aladin+® pour être informées plus rapidement lorsqu’une chute est détectée. Découvrez leur retour d’expérience sur la détection des chutes en EHPAD.
Transformer l’événement en action de prévention
Après une chute, la priorité est d’appliquer le protocole de l’établissement, surveiller la personne selon la situation, tracer l’événement puis rechercher les facteurs modifiables. L’analyse doit revenir au plan de prévention : lieu, horaire, activité en cours, circonstances, conséquences, récidive et mesures décidées.
La conduite à tenir détaillée, la surveillance post-chute et les outils de traçabilité restent développés dans les contenus spécialisés afin de ne pas dupliquer ici un protocole complet.
Intégrer la gravité, la récidive et le temps au sol dans le pilotage
Le nombre de chutes ne suffit pas pour piloter la prévention. Il faut aussi regarder les conséquences, les récidives, les chutes sans témoin et, lorsqu’il est connu, le temps passé au sol. Ces données permettent de distinguer les événements isolés des situations répétées ou potentiellement graves.
Une chute peut également modifier la mobilité, la confiance ou les besoins d’accompagnement du résident. Le suivi post-chute doit donc alimenter l’évaluation du risque et la révision des mesures mises en place, sans multiplier les actions standardisées pour tous les résidents.
Les solutions Domalys qui complètent le plan antichute
Une solution technique intervient après l’analyse du risque et des usages. Chaque équipement répond à une situation ciblée : lever nocturne, chute sans témoin, chambre encombrée, difficulté au lever ou besoin de repos et de stabilité.
Aladin+®
Solution de chambre sans caméra et sans dispositif porté pour éclairer le lever, détecter une situation anormale et alerter les équipes.
- Sans caméra, sans bracelet.
- Éclairage automatique du lever.
- Alerte en cas de situation à risque.
Noctulys®
Éclairage nocturne automatique sous le lit pour guider les premiers appuis et rendre le trajet lit-toilettes plus lisible.
- Lumière douce au niveau du sol.
- Sans montre ni bracelet.
- Utile pour les levers nocturnes.
Modulys® / chambre
Mobilier de chambre EHPAD à intégrer dans une logique d’aménagement : circulation lisible, sol dégagé, rangements accessibles et obstacles limités autour du lit.
- Rangements accessibles.
- Sol plus facile à dégager.
- Circulation plus lisible autour du lit.
Financer une solution de détection : vérifier le dispositif applicable
Selon le territoire et le calendrier, un projet peut être étudié dans différents cadres : budget propre, référencement d’achat, appel à projets, CNR, CPOM, location ou expérimentation. Ces mécanismes n’ont ni les mêmes critères ni les mêmes effets.
Le référencement Resah, par exemple, facilite l’achat pour les établissements éligibles mais ne constitue pas une subvention. La page dédiée centralise les pistes à vérifier avant de construire le chiffrage.
Approfondir chaque étape de la démarche antichute
Cette page reste le niveau stratégique : priorités, gouvernance, indicateurs et réévaluation. Les contenus suivants prennent le relais lorsqu’il faut passer à l’exécution ou traiter un sujet spécialisé.
10 actions concrètes
Audit, chambre, mobilité, éclairage, détection, protocole et suivi.
Évaluer le risque
Repérer les facteurs individuels, environnementaux et situationnels.
Organiser la réaction
Conduite à tenir, surveillance, traçabilité et analyse de l’événement.
Commission chute
Structurer le suivi des événements, des actions et des indicateurs.
Chiffres et coût
Consulter les données nationales puis estimer l’impact pour l’établissement.
Comparer les solutions
Comparer les approches selon les usages, la chambre et les contraintes du projet.
Détection, coût et environnement
Trois sujets reviennent souvent au moment de transformer le plan en projet : la détection des chutes sans témoin, l’impact économique et l’aménagement de la chambre. Ils disposent chacun d’une page dédiée.
Sources et chiffres à consulter
La prévention des chutes repose sur une approche multifactorielle : repérage du risque, environnement, aides techniques, activité, alerte et suivi. Les données chiffrées doivent être lues selon leur périmètre : monde, France, population âgée ou EHPAD.
Repères généraux sur le vieillissement et le risque de chute chez les personnes âgées. Voir la synthèse encyclopédique.
Article du 13 mars 2026 sur la hausse des décès associés aux chutes chez les plus de 65 ans. Lire l’article du Monde.
Retour sur un programme hospitalier travaillant l’équilibre et la force pour réduire le risque de chute. Lire le reportage France Inter.
FAQ sur la prévention des chutes en EHPAD
Les réponses essentielles pour piloter la démarche sans répéter les guides spécialisés.
Comment structurer une stratégie de prévention des chutes en EHPAD ?
Reliez l’évaluation du risque, les priorités de l’établissement, les responsabilités, les actions, les indicateurs et la réévaluation. Les mesures opérationnelles sont ensuite déclinées dans les unités et chambres concernées.
Qui doit piloter la prévention des chutes ?
Le pilotage associe généralement direction, encadrement, équipes soignantes, qualité et professionnels impliqués dans la mobilité, l’environnement et l’analyse des événements. Les rôles et la fréquence de suivi doivent être explicites.
Quels indicateurs suivre ?
Suivez au minimum le nombre de chutes, les lieux et horaires, les récidives, les conséquences, les chutes sans témoin, le temps au sol lorsqu’il est connu et l’avancement des mesures décidées.
Comment articuler prévention et post-chute ?
La prévention agit avant l’événement ; le protocole post-chute organise la réaction, la surveillance et la traçabilité. L’analyse des événements doit ensuite alimenter le plan de prévention et la réévaluation du risque.
Faut-il appliquer les mêmes mesures à tous les résidents ?
Non. Le plan d’établissement fixe un cadre commun, mais les mesures doivent être adaptées au niveau de risque, aux habitudes, à la mobilité, à l’environnement et aux besoins de chaque résident.
Structurer votre stratégie antichute
Définissez les priorités, attribuez les responsabilités, suivez les indicateurs et organisez la réévaluation. Le plan antichute devient ainsi un cadre de pilotage partagé entre direction, équipes, qualité et professionnels impliqués dans l’accompagnement des résidents.
