Évaluer le risque de chute chez une personne âgée consiste à croiser les antécédents, les capacités motrices et cognitives, les traitements, les habitudes de vie et l’environnement. En EHPAD, cette analyse sert à identifier les situations prioritaires et à préparer des actions individualisées. Pour replacer cette démarche dans son contexte médico-social, consultez notre guide sur la définition d’un EHPAD.
Prioriser les chambres à analyser en premier
Toutes les situations ne nécessitent pas le même niveau d’attention. Une chambre peut devenir prioritaire lorsque plusieurs facteurs se cumulent : antécédent de chute, événement nocturne, désorientation, difficulté à utiliser l’appel, levers fréquents, obstacles ou éclairage insuffisant.
La Grille Domalys ci-dessous transforme ces observations en score de priorité organisationnelle. Elle sert à classer les chambres à revoir en premier et à préparer une discussion pluridisciplinaire.
Grille Domalys de priorisation des chambres à risque
Cochez les facteurs observés dans une chambre pour obtenir un score de priorité. L’objectif est d’identifier les situations à revoir en premier, puis de décider des actions avec l’équipe.
Important : cette grille est un outil organisationnel indicatif créé par Domalys. Elle n’est pas une échelle clinique validée, ne prédit pas la probabilité individuelle de chute et ne remplace ni l’évaluation médicale, ni l’évaluation soignante, ni les outils validés utilisés par l’établissement.
Priorité à déterminer
Cochez les facteurs observés pour calculer un niveau de priorité organisationnelle.
Comment fonctionne le score de priorisation Domalys ?
Le score additionne huit critères observables. Les poids servent uniquement à ordonner les chambres à revoir ; ils ne constituent pas une mesure clinique validée du risque individuel de chute.
| Critère | Points | Pourquoi le suivre |
|---|---|---|
| Antécédent de chute | 3 | Repérer une situation ayant déjà produit un événement. |
| Chute nocturne | 2 | Identifier un risque concentré sur la nuit ou les levers. |
| Désorientation | 2 | Repérer une difficulté de repérage ou de compréhension de la situation. |
| Appel difficile ou impossible | 3 | Repérer une situation où l’alerte volontaire peut être difficile. |
| Levers fréquents | 2 | Identifier une exposition répétée aux déplacements. |
| Obstacles | 1 | Repérer un facteur environnemental directement modifiable. |
| Éclairage insuffisant | 1 | Repérer un trajet ou une zone peu lisible, notamment la nuit. |
| Récidive | 3 | Faire remonter les situations qui se répètent. |
Lecture des scores
0 à 3 points : priorité standard — documenter et réévaluer selon l’organisation de l’établissement.
4 à 7 points : priorité renforcée — vérifier les facteurs modifiables et planifier une réévaluation.
8 à 11 points : priorité élevée — analyser la chambre et la situation en équipe pluridisciplinaire.
12 à 17 points : priorité très élevée — inscrire rapidement la situation dans le plan d’action et suivre les mesures décidées.
Exemple fictif
Une chambre cumule un antécédent de chute (+3), un lever nocturne fréquent (+2), une désorientation (+2) et une difficulté à utiliser l’appel (+3). Le score obtenu est de 10 / 17 : la chambre est classée en priorité élevée pour l’analyse organisationnelle.
Les chutes chez les personnes âgées ne résultent généralement pas d’une seule cause. Une démarche efficace doit être multifactorielle : elle combine observation, analyse, adaptation de l’environnement, mobilisation des équipes et solutions de sécurisation.
Cette évaluation est un levier central de prévention des chutes en EHPAD. Elle permet d’agir avant l’événement, de prioriser les actions et d’identifier les résidents à risque.
Évaluer pour mieux prévenir les chutes
L’évaluation sert à repérer les facteurs, prioriser les chambres, décider des actions puis réévaluer leur effet. Elle doit rester reliée au projet personnalisé, aux transmissions et au travail pluridisciplinaire.
Pourquoi évaluer le risque de chute ?
Une chute peut entraîner blessure, fracture, hospitalisation, perte de confiance, restriction des déplacements, perte d’autonomie ou syndrome post-chute. L’évaluation sert à identifier les situations concrètes sur lesquelles l’établissement peut agir.
- Qui présente un risque prioritaire ?
- Quand le risque est-il le plus élevé ?
- Que faut-il modifier sans limiter inutilement l’autonomie ?
- Quel est l’impact humain, organisationnel et économique ?
Une bonne évaluation doit aider l’équipe à décider quoi faire, quand agir et comment mesurer l’effet des actions.
Passer du score au plan d’action, puis au suivi des résultats.Quels sont les facteurs de risque de chute chez la personne âgée ?
Le risque de chute est généralement multifactoriel. Un facteur isolé ne suffit pas à résumer la situation : l’évaluation doit rechercher les éléments liés à la personne, aux soins, à l’environnement et au moment où surviennent les difficultés.
Un antécédent de chute chez une personne âgée doit être recherché systématiquement avec son contexte : quand la chute est-elle survenue, dans quelle situation, avec quelles conséquences et d’autres événements ont-ils eu lieu depuis ? La HAS recommande de demander à la personne âgée, ou à son entourage si nécessaire, si elle est tombée durant l’année précédente et dans quel contexte.
Antécédent de chute, troubles de l’équilibre ou de la marche, faiblesse, troubles cognitifs, fatigue, baisse de mobilité ou peur de tomber.
Traitement modifié, retour d’hospitalisation, transferts répétés ou surveillance inadaptée.
Éclairage insuffisant, obstacles, mobilier mal positionné ou trajet complexe.
Lever nocturne, toilette, repas, changement d’équipe ou fatigue.
Grille de risque de chute en EHPAD : comment l’utiliser ?
Une grille utile doit rendre les critères visibles, permettre une comparaison dans le temps et déboucher sur des actions. La Grille Domalys sert à prioriser des chambres ; elle ne remplace pas une échelle clinique validée lorsque celle-ci est utilisée par les professionnels de l’établissement.
Trois règles d’utilisation
- Observer : cocher uniquement les facteurs réellement constatés ou documentés.
- Prioriser : utiliser le score pour ordonner les situations à revoir, pas pour poser un diagnostic.
- Agir : associer le résultat à une action, un responsable et une date de réévaluation.
Quand réévaluer le risque ?
Moments clés
- à l’entrée du résident ;
- après une chute ;
- après une hospitalisation ;
- après un changement de traitement ;
- lors d’une perte d’autonomie ;
- lors de la mise à jour du projet personnalisé.
Lorsqu’un même résident a chuté plusieurs fois, la réévaluation gagne à intégrer la chronologie des événements : fréquence, moment, activité, conséquences et changements récents. Notre guide sur les chutes répétées chez la personne âgée détaille cette analyse de la récidive.
Transformer l’évaluation en plan d’action
Que faire après avoir identifié une chambre prioritaire ?
| Situation observée | Première action | Ressource utile |
|---|---|---|
| Antécédent ou récidive | Reprendre la chronologie des événements, comparer les circonstances et réévaluer les facteurs modifiables. | Chutes répétées chez la personne âgée |
| Risque concentré la nuit | Analyser les horaires, le trajet, l’éclairage et les levers. | Chutes nocturnes |
| Obstacles ou environnement peu lisible | Corriger les facteurs environnementaux observés. | Aménagement de chambre |
| Plusieurs chambres prioritaires | Comparer les scores et inscrire les actions au suivi collectif. | Commission chute |
| Démarche globale à structurer | Relier les résultats à un plan de prévention de l’établissement. | Prévention des chutes |
De l’évaluation au protocole chute
L’évaluation agit avant l’événement. Si une chute survient, le protocole chute organise la sécurisation, la traçabilité et l’analyse des causes. La commission chute permet ensuite de suivre les tendances, les coûts et les actions correctives.
Intégrer la démarche dans l’établissement
L’évaluation peut être intégrée aux transmissions, aux projets personnalisés, aux réunions pluridisciplinaires et aux démarches qualité. Elle doit aussi être reliée aux données de l’établissement : fréquence des chutes, horaires, chambres, gravité, délai d’intervention et coût estimé.
Sources institutionnelles
Ressources pour poursuivre l’évaluation
Ces pages complètent directement la grille : prévention, protocole, commission, nuit et aménagement.
FAQ — Évaluation et grille du risque de chute
Comment évaluer le risque de chute en EHPAD ?
Il faut croiser les antécédents, les facteurs liés au résident, les habitudes de lever, l’environnement et les circonstances déjà observées, puis transformer l’évaluation en actions et en réévaluation.
Quels sont les principaux facteurs de risque de chute chez une personne âgée ?
Les facteurs peuvent être médicaux, fonctionnels, cognitifs, médicamenteux ou environnementaux. L’antécédent de chute, les troubles de la marche ou de l’équilibre, la baisse de mobilité, certains traitements, la désorientation, les obstacles et un éclairage insuffisant font partie des éléments à rechercher selon la situation.
Pourquoi rechercher un antécédent de chute chez une personne âgée ?
Une chute antérieure apporte une information importante sur le contexte et l’évolution du risque. Il faut préciser quand elle est survenue, dans quelles circonstances, avec quelles conséquences et si d’autres chutes ou quasi-chutes ont été observées depuis.
Quelle grille de risque de chute utiliser en EHPAD ?
Le choix d’une échelle clinique relève des pratiques et protocoles des professionnels de l’établissement. La Grille Domalys présentée ici est différente : elle sert uniquement à prioriser les chambres à analyser et ne prédit pas le risque individuel de chute.
Qu’est-ce que la Grille Domalys de priorisation ?
Il s’agit d’un outil organisationnel indicatif qui attribue des points à huit critères observables pour aider à classer les chambres à revoir en priorité. Il ne s’agit pas d’une échelle clinique validée.
La Grille Domalys est-elle une échelle clinique de risque de chute ?
Non. Elle sert à prioriser les chambres et les actions. Elle ne prédit pas la probabilité individuelle de chute et ne remplace pas les outils cliniques validés ou l’évaluation des professionnels de santé.
Quels critères sont utilisés dans le score Domalys ?
La grille utilise huit critères : antécédent de chute, chute nocturne, désorientation, difficulté à utiliser l’appel, levers fréquents, obstacles, éclairage insuffisant et récidive.
Quand faut-il réévaluer la situation ?
La réévaluation peut être réalisée après une chute, une hospitalisation, une modification importante de l’état ou de l’environnement, ou selon le rythme défini par l’établissement et le projet personnalisé.
Que faire lorsqu’une chambre obtient un score élevé ?
Le score doit déclencher une analyse en équipe : vérifier les facteurs modifiables, décider des actions, désigner un responsable et fixer une date de réévaluation. Le score seul ne détermine pas une conduite clinique.
Prioriser les chambres avant de choisir les actions
Utilisez la Grille Domalys, documentez les facteurs observés puis reliez les chambres prioritaires au plan de prévention et au suivi en commission chute.