Prévention des chutes en EHPAD : mesures et plan d’action
La prévention des chutes en EHPAD repose sur une évaluation multifactorielle, l’entretien de l’équilibre et de la mobilité, la révision des facteurs médicaux, un environnement adapté et un suivi régulier. Le plan d’action associe les soignants, le médecin coordonnateur et les professionnels de la rééducation. Après une chute, les dispositifs d’alerte peuvent limiter le délai avant l’intervention.
Comment prévenir les chutes en EHPAD ? Quatre leviers complémentaires.
Un plan antichute combine l’évaluation du risque, la mobilité, les soins, l’aménagement des espaces et l’organisation des équipes. L’éclairage et les dispositifs d’alerte complètent ces actions lorsque la situation le justifie.
Quelles mesures de prévention des chutes mettre en place en EHPAD ?
Un programme efficace associe plusieurs interventions adaptées au résident. L'évaluation clinique et fonctionnelle oriente les actions, l'équipe les applique au quotidien et le suivi des événements permet de les ajuster.
1. Réaliser un bilan multifactoriel
Recueillir les antécédents de chute et examiner la marche, l'équilibre, les transferts, la cognition, la vision et les risques liés à la santé. Réévaluer après une chute ou une modification importante de l'état du résident.
2. Entretenir l'équilibre et la force musculaire
Proposer, selon les capacités et l'avis des professionnels, des exercices progressifs de renforcement, d'équilibre, de marche et de lever de chaise. Les séances sont individualisées et réalisées dans des conditions sécurisées.
3. Réexaminer les médicaments et les malaises
Faire rechercher par l'équipe médicale les effets indésirables susceptibles d'augmenter le risque : somnolence, vertiges, hypotension orthostatique ou associations médicamenteuses. Les modifications de traitement relèvent du prescripteur.
4. Surveiller nutrition, hydratation et chaussage
Identifier la dénutrition, la déshydratation, les chaussures inadaptées et les difficultés sensorielles. Définir avec les professionnels concernés des mesures réalistes et adaptées aux habitudes du résident.
5. Aménager les espaces et sécuriser les transferts
Contrôler l'éclairage, les obstacles, les appuis, la hauteur du couchage et l'accès aux aides techniques. Observer les gestes de mise au fauteuil et les trajets habituels, notamment entre le lit et les toilettes.
6. Former les équipes et réévaluer le plan
Partager les consignes de transfert, signaler les changements d'autonomie et tracer les chutes. Associer soignants, médecin coordonnateur, kinésithérapeute et ergothérapeute lorsque leur intervention est nécessaire.
Ces mesures s'appuient notamment sur la HAS et la synthèse française des recommandations internationales de prévention des chutes.
Exemple de plan de prévention des chutes en EHPAD
Pour chaque risque identifié, choisissez une mesure, un professionnel référent et un critère de suivi. Ce tableau illustre une méthode d'organisation : il doit être adapté au projet de soins du résident et aux protocoles de l'établissement.
| Situation à risque | Mesure envisagée | Professionnels concernés | Suivi |
|---|---|---|---|
| Chutes répétées | Réévaluation multifactorielle, observation des transferts et recherche des facteurs modifiables. | Médecin, IDE, kinésithérapeute et ergothérapeute selon les besoins. | Chutes, circonstances, mesures mises en œuvre et réévaluation. |
| Difficulté de marche | Exercices et aides techniques adaptés après évaluation fonctionnelle. | Kinésithérapeute, ergothérapeute, équipe soignante. | Évolution de la mobilité, des transferts et des incidents. |
| Lever nocturne | Vérification du trajet, éclairage approprié, accès aux aides habituelles et organisation des passages. | Soignants, encadrement, ergothérapeute selon les besoins. | Lieu, horaire, récidive et alertes après intervention. |
| Vertiges ou somnolence | Évaluation médicale des causes possibles et révision des facteurs iatrogènes si nécessaire. | Médecin prescripteur, IDE, pharmacien selon l'organisation. | Symptômes observés, transmissions et décisions médicales. |
Pour le déploiement détaillé dans les chambres et les unités, consultez nos 10 actions pour réduire les chutes en EHPAD.
Trois situations qui reviennent souvent en établissement.
Un lever nocturne, une chute sans appel ou plusieurs incidents dans la même chambre : ces situations donnent des points de départ concrets pour agir.
Le lever nocturne
Le résident se lève rapidement, parfois désorienté, avec un trajet lit-toilettes mal éclairé ou encombré. L'action prioritaire consiste à rendre ce déplacement plus lisible.
La chute sans appel
Après l'événement, le résident peut être trop éloigné du bouton, confus, douloureux ou incapable de déclencher l'appel malade. La détection automatique peut alors compléter le dispositif manuel.
La récidive
Une chambre, un horaire ou un profil résident peut concentrer plusieurs incidents. Le suivi des lieux, heures et causes probables aide à prioriser les corrections.
À l’EHPAD Géraud de Pierredon de Gençay, une infirmière coordinatrice et une aide-soignante expliquent comment elles utilisent Aladin+® pour être informées plus rapidement lorsqu’une chute est détectée. Découvrez leur retour d’expérience sur la détection des chutes en EHPAD.
Pourquoi les chutes restent prioritaires
Une chute peut entraîner fracture, hospitalisation, peur de remarcher, réduction des déplacements et perte d’autonomie. Les statistiques sur les chutes des personnes âgées permettent de replacer les actions de prévention dans leur contexte sanitaire.
Hospitalisations en 2024
Donnée recensée chez les personnes âgées de 65 ans et plus en France, selon les chiffres publics disponibles en 2026.
Décès en 2024
Les décès en lien avec une chute rappellent l’intérêt d’un repérage précoce et d’une intervention rapide.
Coût annuel estimé
Le coût des chutes en France justifie une lecture globale : prévention, équipement, organisation et suivi.
Source : Santé publique France, bulletin publié en mars 2026 (population des 65 ans et plus, France entière). Retrouvez aussi le détail des périmètres dans la page Études et chiffres sur les chutes chez les personnes âgées.
Identifier les situations qui exposent le plus.
La prévention commence par une évaluation structurée croisant l’état clinique, l’autonomie, les antécédents, l’environnement et les moments à risque.
Facteurs médicaux
- Troubles de l’équilibre ou de la marche.
- Troubles cognitifs ou désorientation.
- Douleurs, fatigue ou déshydratation.
- Baisse de tension au passage debout, vertiges ou traitements à risque.
Facteurs environnementaux
- Éclairage insuffisant ou mal orienté.
- Obstacle entre le lit et les toilettes.
- Absence de point d’appui.
- Appel malade difficile à atteindre
Facteurs liés à l’autonomie
- Transferts difficiles.
- Lever précipité.
- Perte de force musculaire.
- Aides techniques mal utilisées.
Pour sensibiliser les équipes aux obstacles, aux défauts d’éclairage et aux difficultés de circulation, découvrez notre chambre des erreurs en EHPAD : un exercice interactif permettant de repérer sept situations à risque dans une chambre fictive.
Sécuriser le lever et le trajet lit-toilettes.
La nuit concentre plusieurs facteurs de risque : réveil, désorientation, faible luminosité, urgence d’aller aux toilettes et déplacements sans témoin. À l’échelle de l’établissement, l’objectif est d’identifier les chambres les plus exposées puis d’adapter les mesures au profil du résident et à l’environnement.
Environnement
Dégager les cheminements, limiter les obstacles et vérifier l’accès aux aides habituelles.
Éclairage
Prévoir un repérage lumineux adapté afin d’éviter un passage brutal de l’obscurité à un éclairage trop fort.
Organisation
Croiser les horaires de chute, les habitudes de lever et les besoins de surveillance ou de détection.
Pour choisir un système d'alerte adapté aux levers, notre comparatif des détecteurs de sortie de lit en EHPAD distingue tapis de descente de lit, capteurs de matelas et détection dans la chambre.
Comment hiérarchiser les priorités de l’établissement ?
Le pilotage repose sur une hiérarchisation partagée des situations à traiter. Les données de chute, les profils concernés et les retours d’équipe servent à définir les priorités de l’établissement avant de choisir les mesures opérationnelles.
Signaux à croiser
- Antécédents de chute ou récidive récente.
- Levers nocturnes fréquents ou trajet lit-toilettes sensible.
- Désorientation, troubles cognitifs ou appel malade peu utilisé.
- Transferts difficiles, fatigue ou perte de force.
- Chambre encombrée, éclairage insuffisant ou repères faibles.
Indicateurs à suivre chaque mois
- Nombre de chutes par lieu et par horaire.
- Nombre de chutes sans témoin ou sans appel volontaire.
- Temps estimé passé au sol lorsque l'information est disponible.
- Chambres avec récidive et actions correctives réalisées.
- Retours des équipes sur les alertes, l'environnement et les transferts.
Prévention, éclairage et détection
La prévention vise à réduire le risque de chute, l’éclairage accompagne les déplacements nocturnes et la détection peut accélérer l’alerte lorsqu’une chute survient. Ces fonctions sont complémentaires, mais ne doivent pas être confondues.
| Approche | Objectif | Exemples | Ressource |
|---|---|---|---|
| Prévenir | Réduire la probabilité. | Évaluation, chambre dégagée, aides techniques et mobilier adapté. | Mobilier EHPAD |
| Sécuriser | Rendre le lever lisible. | Éclairage doux, repères visuels et trajet dégagé. | Noctulys® |
| Détecter | Réduire le délai d’alerte. | Alerte automatique en cas de chute sans témoin. | Aladin+® |
| Mesurer | Objectiver l’impact. | Nombre de chutes, temps au sol, coûts et récidives. | Calculateur |
Piloter la prévention à l’échelle de l’établissement.
Une stratégie d’établissement doit être gouvernée, documentée, attribuée à des responsables et réévaluée dans le temps.
Cartographier
Identifier les résidents, horaires et chambres prioritaires.
Mesurer
Suivre les chutes, récidives, lieux et temps mobilisé.
Définir les leviers
Choisir les familles d’actions à approfondir selon les risques documentés.
Organiser les moyens
Arbitrer les ressources humaines, matérielles et budgétaires nécessaires.
Coordonner
Clarifier les responsabilités, les transmissions et les modalités de suivi.
Réévaluer
Comparer les résultats avant et après les actions menées.
Quels indicateurs suivre ?
Un plan antichute doit être mesurable. Les indicateurs permettent de prioriser les chambres, repérer les récidives et vérifier si les actions réduisent le risque.
Événement
- Nombre de chutes.
- Lieu et horaire.
- Chute avec ou sans témoin.
Conséquence
- Temps passé au sol.
- Transfert ou hospitalisation.
- Retentissement sur l’autonomie.
Profil
- Récidive.
- GIR ou niveau d’aide.
- Traitements ou désorientation.
Action
- Mesure corrective.
- Équipement installé.
- Réévaluation planifiée.
Transformer l’événement en action de prévention
Après une chute, la priorité est d’appliquer le protocole de l’établissement, surveiller la personne selon la situation, tracer l’événement puis rechercher les facteurs modifiables. L’analyse doit revenir au plan de prévention : lieu, horaire, activité en cours, circonstances, conséquences, récidive et mesures décidées.
La conduite à tenir détaillée, la surveillance post-chute et les outils de traçabilité restent développés dans les contenus spécialisés afin de ne pas dupliquer ici un protocole complet.
Intégrer la gravité, la récidive et le temps au sol dans le pilotage
Le nombre de chutes ne suffit pas pour piloter la prévention. Il faut aussi regarder les conséquences, les récidives, les chutes sans témoin et, lorsqu’il est connu, le temps passé au sol. Ces données permettent de distinguer les événements isolés des situations répétées ou potentiellement graves.
Une chute peut également modifier la mobilité, la confiance ou les besoins d’accompagnement du résident. Le suivi post-chute doit donc alimenter l’évaluation du risque et la révision des mesures mises en place, sans multiplier les actions standardisées pour tous les résidents.
Au-delà des conséquences motrices, une diminution importante des apports, un repli inhabituel ou une perte rapide d’autonomie nécessitent une évaluation médicale des causes possibles. Ces signes ne se résument pas au syndrome post-chute : découvrez les signes du syndrome de glissement chez la personne âgée, sans considérer cette expression comme un diagnostic suffisant.
SOLUTIONS DOMALYS
Des solutions pour chaque moment à risque.
Éclairer un lever, rapprocher le couchage du sol, détecter une chute ou stabiliser un temps de repos : chaque équipement répond à une situation précise.
Aladin+®
DÉTECTER ET ALERTERDétecte une chute en chambre sans caméra ni dispositif porté et transmet l’alerte aux équipes.
- Sans caméra, sans bracelet.
- Éclairage automatique du lever.
Noctulys®
ÉCLAIRER LE LEVERDiffuse automatiquement une lumière douce au niveau du sol pour rendre le lever nocturne plus lisible.
- Lumière douce au niveau du sol.
- Déclenchement automatique.
Sentida SC
ABAISSER LE COUCHAGEPermet d’abaisser le couchage jusqu’à 23 cm et d’adapter la hauteur aux usages du résident et des soignants.
- Position basse à 23 cm.
- Hauteur adaptée au repos et aux soins.
Fauteuil Confort®
STABILISER LE REPOSPropose une assise stable pour les temps de repos en chambre, en salon ou dans les espaces collectifs.
- Assise stable.
- Dossier et accoudoirs.
Financer une solution de détection : vérifier le dispositif applicable
Selon le territoire et le calendrier, un projet peut être étudié dans différents cadres : budget propre, référencement d’achat, appel à projets, CNR, CPOM, location ou expérimentation. Ces mécanismes n’ont ni les mêmes critères ni les mêmes effets.
Le référencement Resah, par exemple, facilite l’achat pour les établissements éligibles mais ne constitue pas une subvention. La page dédiée centralise les pistes à vérifier avant de construire le chiffrage.
Approfondir chaque étape de la démarche antichute
Pour transformer les priorités de l’établissement en actions concrètes, approfondissez chaque étape : évaluation du risque, mesures quotidiennes, protocole après une chute et suivi des résultats.
10 actions concrètes
Audit, chambre, mobilité, éclairage, détection, protocole et suivi.
Évaluer le risque
Repérer les facteurs individuels, environnementaux et situationnels.
Organiser la réaction
Conduite à tenir, surveillance, traçabilité et analyse de l’événement.
Commission chute
Structurer le suivi des événements, des actions et des indicateurs.
Chiffres et coût
Consulter les données nationales puis estimer l’impact pour l’établissement.
Comparer les solutions
Comparer les approches selon les usages, la chambre et les contraintes du projet.
Détection, coût et environnement
Trois sujets reviennent souvent au moment de transformer le plan en projet : la détection des chutes sans témoin, l’impact économique et l’aménagement de la chambre. Ils disposent chacun d’une page dédiée.
FAQ sur la prévention des chutes en EHPAD
Les réponses essentielles pour piloter la démarche sans répéter les guides spécialisés.
Comment structurer une stratégie de prévention des chutes en EHPAD ?
Reliez l’évaluation du risque, les priorités de l’établissement, les responsabilités, les actions, les indicateurs et la réévaluation. Les mesures opérationnelles sont ensuite déclinées dans les unités et chambres concernées.
Qui doit piloter la prévention des chutes ?
Le pilotage associe généralement direction, encadrement, équipes soignantes, qualité et professionnels impliqués dans la mobilité, l’environnement et l’analyse des événements. Les rôles et la fréquence de suivi doivent être explicites.
Quels indicateurs suivre ?
Suivez au minimum le nombre de chutes, les lieux et horaires, les récidives, les conséquences, les chutes sans témoin, le temps au sol lorsqu’il est connu et l’avancement des mesures décidées.
Comment articuler prévention et post-chute ?
La prévention agit avant l’événement ; le protocole post-chute organise la réaction, la surveillance et la traçabilité. L’analyse des événements doit ensuite alimenter le plan de prévention et la réévaluation du risque.
Faut-il appliquer les mêmes mesures à tous les résidents ?
Non. Le plan d’établissement fixe un cadre commun, mais les mesures doivent être adaptées au niveau de risque, aux habitudes, à la mobilité, à l’environnement et aux besoins de chaque résident.
Quels exercices proposer pour prévenir les chutes en EHPAD ?
Selon les capacités et l'évaluation du résident, un professionnel peut proposer des exercices d'équilibre, de renforcement musculaire, de marche et de lever de chaise. Le contenu et la progression doivent rester personnalisés.
Quels professionnels interviennent dans la prévention des chutes ?
La démarche associe les aides-soignants, infirmiers, médecin coordonnateur et direction. Le kinésithérapeute, l'ergothérapeute, le pharmacien ou d'autres professionnels interviennent selon les facteurs de risque identifiés.
Sources et références
Les chiffres et recommandations de cette page sont rattachés à leurs sources afin de distinguer les données France, population âgée et EHPAD.
Consulter les sources et références utilisées
Hospitalisations et mortalité en lien avec une chute chez les 65 ans et plus (publication 2026).
Notice scientifique de la synthèse française sur PubMed, incluant les interventions multifactorielles et l'exercice physique en établissement.
Retour sur un programme hospitalier travaillant l’équilibre et la force pour réduire le risque de chute. Lire le reportage France Inter.
Vous voulez réduire les chutes dans votre établissement ?
Partez d’une situation précise : levers nocturnes, chutes sans témoin, récidives, chambre à sécuriser ou délai d’intervention.
