Checklist opérationnelle EHPAD

Réduire les chutes en EHPAD : 10 actions concrètes

Une checklist de 10 mesures à appliquer sur le terrain : auto-audit, priorisation, chambre, mobilité, éclairage, détection, protocole et contrôle de la mise en œuvre.

Mis à jour le 10 septembre 2026 Guide pratique pour équipes et directions
Résumé

En bref

En bref : pour réduire les chutes en EHPAD, commencez par identifier les situations les plus fréquentes puis agissez sur l’évaluation du risque, la mobilité, les levers nocturnes, la chambre, l’éclairage, le mobilier, l’alerte, le protocole et le suivi des résultats.

  • Prioriser : partir des lieux, horaires, circonstances et récidives déjà observés.
  • Agir : choisir les mesures adaptées aux résidents, aux chambres et aux moments critiques.
  • Alerter : compléter la prévention par une détection adaptée lorsque certaines chutes restent sans témoin.
  • Mesurer : attribuer un responsable, une échéance et un indicateur à chaque action engagée.

Comment réduire les chutes en EHPAD ?

Pour réduire les chutes, partez d’un auto-audit puis appliquez des mesures ciblées : évaluation individuelle, activité physique adaptée, moments critiques, chambre, éclairage, mobilier, alerte, protocole et contrôle des résultats. Cette URL est dédiée à l’exécution terrain.

Ces dix actions aident à passer de l’observation des risques aux mesures de terrain. Pour coordonner les équipes, fixer les responsabilités et suivre les résultats, consultez la stratégie de prévention des chutes en EHPAD.

Outil interactif

Auto-audit : quelle mesure mettre en œuvre en priorité ?

Renseignez quatre critères pour identifier le premier chantier opérationnel à engager.

Priorité recommandée

Complétez le questionnaire.

Checklist : les 10 mesures à mettre en œuvre

  1. Évaluer le risque
  2. Entretenir équilibre et force
  3. Repérer les moments critiques
  4. Sécuriser les levers nocturnes
  5. Adapter la chambre
  6. Améliorer l’éclairage
  7. Choisir un mobilier adapté
  8. Détecter et alerter
  9. Former et protocoliser
  10. Analyser et ajuster
Checklist de mesures pour réduire les chutes en EHPAD
La réduction du risque repose sur plusieurs leviers coordonnés, pas sur un équipement isolé.

1. Évaluer le risque résident par résident

Une chute est rarement monocausale. L’évaluation doit rechercher les antécédents, les troubles de l’équilibre, la cognition, la vision, la douleur, la dénutrition, les traitements, l’hypotension orthostatique, le chaussage, les transferts et l’environnement.

Elle doit être actualisée après une chute, un retour d’hospitalisation, un changement de traitement ou une baisse de mobilité. Consultez la méthode dédiée à l’évaluation du risque de chute.

2. Entretenir l’équilibre, la force et la marche

L’action sur les capacités physiques comprend des exercices adaptés au résident : renforcement des membres inférieurs, équilibre statique et dynamique, transferts, marche, demi-tours et relevé du sol lorsque cela est possible.

Le programme doit être individualisé et coordonné avec le médecin, le kinésithérapeute, l’ergothérapeute ou un professionnel en activité physique adaptée. L’objectif n’est pas la performance, mais le maintien des capacités nécessaires aux gestes du quotidien.

Après une chute, la peur de tomber peut entraîner une réduction des déplacements, une perte de force et un nouveau risque de chute. Ce cercle vicieux correspond au syndrome post-chute ou à une désadaptation psychomotrice et doit être repéré rapidement.

La prévention ne se limite pas au risque de nouvelle chute. Une baisse marquée des apports, un repli ou une diminution inhabituelle de la mobilité doivent être transmis à l’équipe soignante pour rechercher leur cause. Notre guide explique comment interpréter la perte rapide d’autonomie chez une personne âgée, parfois décrite par l’expression « syndrome de glissement ».

3. Identifier les moments critiques

Les événements se concentrent souvent autour du lever, des toilettes, de la nuit, des transferts, du repas ou d’un retour d’hospitalisation. Le suivi doit donc préciser l’heure, le lieu, l’activité en cours et les circonstances.

Une analyse par unité et par tranche horaire permet de remplacer des mesures générales par des actions ciblées.

4. Sécuriser les levers nocturnes

La nuit associe faible visibilité, fatigue, désorientation et besoin urgent d’aller aux toilettes. Il faut dégager le trajet lit-toilettes, faciliter les repères, adapter les rondes et vérifier la capacité du résident à appeler.

La sécurité ne doit pas conduire automatiquement à la contention. Consultez le guide sur les alternatives à la contention en EHPAD.

5. Adapter l’environnement de la chambre

Vérifiez la hauteur du lit, les obstacles, le positionnement des meubles, l’accès aux sanitaires, la stabilité des appuis et la présence des objets utiles à portée de main.

L’aménagement de chambre EHPAD doit soutenir la mobilité plutôt que compenser les risques par une restriction systématique.

Lorsque l’équipe étudie un lit en position basse, notre guide détaille les points à comparer : hauteur de repos, hauteur de lever, appuis et circulation autour du couchage.

Si une protection latérale est envisagée autour du couchage, vérifiez aussi son effet sur la sortie volontaire, le franchissement et le matelas. Retrouvez ces critères dans notre guide sur l’usage des barrières de lit.

6. Améliorer l’éclairage sans éblouir

Un éclairage insuffisant altère la perception des obstacles et des contrastes. Une lumière trop brutale peut également désorienter. Il faut donc privilégier un éclairage homogène, progressif, indirect et adapté à la vision du résident.

Noctulys® peut créer un repère lumineux automatique sous le lit lors du lever.

7. Choisir un mobilier qui soutient l’autonomie

Une assise trop basse, une table inaccessible ou un fauteuil difficile à quitter peuvent augmenter les déséquilibres et les manipulations. Le mobilier doit faciliter l’installation, le passage assis-debout et les transferts courts.

Consultez les solutions de mobilier EHPAD et le guide sur l’aide au lever.

Mobilier adapté pour sécuriser les repas et transferts en EHPAD
Le mobilier peut réduire certaines situations à risque lorsqu’il est choisi à partir des usages réels.

8. Détecter les chutes et réduire le délai

Toutes les chutes ne peuvent pas être évitées. Pour les événements sans témoin ou les résidents incapables d’utiliser l’appel malade, la détection peut réduire le délai d’intervention et le temps passé au sol.

Comparez appel malade, bracelet, caméra, radar et solution non portée dans le comparatif des détecteurs de chute.

9. Former les équipes et structurer le protocole

Les équipes doivent partager les mêmes repères : conduite immédiate, surveillance, recherche des signes de gravité, traçabilité, information médicale et analyse des causes.

Toutes les chutes doivent être tracées selon l’organisation de l’établissement. En revanche, seules celles qui répondent aux critères d’un événement indésirable grave associé aux soins relèvent du dispositif réglementaire de déclaration externe des EIGS.

Le référentiel HAS des ESSMS évalue notamment l’organisation du recueil, du traitement et de l’analyse des événements indésirables. Il s’agit d’une évaluation de la qualité des ESSMS, et non de la certification hospitalière. Consultez le protocole chute en EHPAD.

10. Analyser les indicateurs et ajuster

Suivez le nombre de chutes, les résidents concernés, la récurrence, les horaires, les lieux, la gravité, les circonstances, le délai d’intervention et les actions correctives.

La commission chute transforme ces données en décisions : révision des plans de soins, adaptation des chambres, exercices, formation ou équipement ciblé. Dans ce pilotage, les missions de l’IDEC peuvent contribuer à faire circuler les informations, coordonner les équipes et suivre les actions décidées.

Tableau de priorisation

SituationAction prioritaireIndicateurRessource
Causes mal identifiéesÉvaluation multifactoriellePart des dossiers réévalués après chuteÉvaluation du risque
Perte de force ou peur de tomberProgramme moteur individualiséMobilité, transferts et participationAutonomie et confort
Chutes nocturnesÉclairage, trajet et alerteChutes entre coucher et leverNoctulys®
Résident retrouvé au solDétection et protocoleDélai estimé d’interventionAladin+®
Réponses hétérogènesFormation et protocoleTraçabilité complèteProtocole chute
Récurrence dans une unitéCommission et plan d’actionTaux de récidiveCommission chute

Comment déployer les actions sur 30 jours ?

La checklist devient utile lorsqu’elle débouche sur des décisions suivies. Pour chaque situation prioritaire, identifiez les résidents concernés, le lieu, le moment de la journée et la personne chargée de vérifier l’action. Voici un déroulement adaptable à l’organisation de l’établissement.

  1. Semaine 1 : établir la situation de départ. Rassemblez les déclarations de chute, repérez les récidives et les événements sans témoin, puis vérifiez les informations manquantes. Distinguez les problèmes propres à un résident de ceux qui concernent plusieurs chambres ou une unité entière.
  2. Semaine 2 : choisir deux ou trois mesures ciblées. Associez les professionnels compétents et les résidents concernés. Vérifiez, par exemple, la circulation jusqu’aux sanitaires, le transfert au fauteuil, l’éclairage nocturne ou le délai de transmission des alertes.
  3. Semaine 3 : contrôler la mise en œuvre. Pour chaque mesure, consignez un responsable, une échéance, la date de réalisation et les difficultés constatées. Vérifiez sur le terrain que le changement est utilisable lors des soins et des déplacements.
  4. Semaine 4 : réévaluer et décider. Comparez les circonstances des nouveaux événements avec celles observées au départ. Examinez aussi la qualité des déclarations, les retours des équipes et les éventuels effets indésirables des aménagements.

Un tableau partagé peut comporter six colonnes : situation à risque, action retenue, responsable, échéance, indicateur et date de réévaluation. Évitez de conclure trop vite à l’efficacité d’une mesure à partir d’une seule période courte. Les résultats doivent être interprétés au regard du nombre de résidents concernés, de leur état de santé et de la qualité du recueil.

FAQ - actions et mesures pour réduire les chutes

Par quelle action commencer ?

Commencez par l’auto-audit et les données déjà disponibles : lieux, horaires, récidives, circonstances et situations sans témoin. La première mesure doit répondre au problème le plus documenté.

Comment prioriser les 10 mesures ?

Classez les mesures selon la fréquence du problème, sa gravité, le nombre de résidents concernés, la faisabilité et la capacité à mesurer le résultat après mise en œuvre.

Faut-il appliquer les 10 actions en même temps ?

Non. La checklist sert à repérer les chantiers utiles puis à lancer les actions par ordre de priorité. Certaines mesures peuvent concerner tout l’établissement, d’autres seulement quelques résidents ou chambres.

Comment vérifier qu’une action a réellement été mise en œuvre ?

Attribuez un responsable, une échéance et un indicateur simple à chaque mesure. Vérifiez ensuite la réalisation et comparez les événements avant et après lorsque les données sont suffisantes.

Qui associer à la mise en œuvre ?

Selon la mesure, associez les équipes soignantes, l’encadrement, la qualité, les professionnels de la mobilité, les services techniques et les personnes chargées de l’environnement ou des équipements.

La détection remplace-t-elle les autres actions ?

Non. Elle complète l’évaluation, la mobilité, l’aménagement et l’organisation lorsque l’objectif est aussi d’améliorer l’alerte après une chute sans témoin ou sans appel volontaire.

Sources institutionnelles

Passer de l’audit aux mesures à mettre en œuvre

Domalys peut aider votre établissement à étudier les leviers liés à la chambre, l’éclairage, le mobilier et la détection. L’évaluation clinique et les programmes moteurs restent sous la responsabilité des professionnels compétents.

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