Prévention des chutes en EHPAD : stratégie et plan d’action
Évaluer le risque, sécuriser les moments critiques et piloter un plan antichute mesurable.
Commencez par les situations observées dans votre établissement : résidents exposés, levers nocturnes, chutes sans témoin, récidives et environnement de la chambre. Cette page vous aide à prioriser les actions avant de choisir une solution technique.
La prévention des chutes en EHPAD repose sur quatre leviers : identifier les résidents à risque, sécuriser les levers nocturnes, adapter l’environnement et suivre des indicateurs pour réduire les récidives.
Repère chiffres : Domalys a regroupé les données officielles sur les chutes après 65 ans : hospitalisations, décès, coûts, France, monde et EHPAD.
La démarche présentée s’appuie notamment sur les recommandations de la Haute Autorité de Santé sur la prévention des chutes chez la personne âgée, le Plan antichute des personnes âgées du ministère chargé des Solidarités et les données de la DREES sur les résidents d’EHPAD.
Pourquoi les chutes restent prioritaires
Une chute peut entraîner fracture, hospitalisation, peur de remarcher, réduction des déplacements et perte d’autonomie. Les statistiques sur les chutes des personnes âgées permettent de replacer les actions de prévention dans leur contexte sanitaire.
Hospitalisations en 2024
Donnée recensée chez les personnes âgées de 65 ans et plus en France, selon les chiffres publics disponibles en 2026.
Décès en 2024
Les décès en lien avec une chute rappellent l’intérêt d’un repérage précoce et d’une intervention rapide.
Coût annuel estimé
Le coût des chutes en France justifie une lecture globale : prévention, équipement, organisation et suivi.
Source Domalys : retrouvez le détail des périmètres France, monde et EHPAD dans la page Études et chiffres sur les chutes chez les personnes âgées.
Identifier les résidents les plus exposés
La prévention commence par une évaluation structurée croisant l’état clinique, l’autonomie, les antécédents, l’environnement et les moments à risque.
Facteurs médicaux
- Troubles de l’équilibre ou de la marche.
- Troubles cognitifs ou désorientation.
- Douleurs, fatigue ou déshydratation.
- Baisse de tension au passage debout, vertiges ou traitements à risque.
Facteurs environnementaux
- Éclairage insuffisant ou mal orienté.
- Obstacle entre le lit et les toilettes.
- Absence de point d’appui.
- Appel malade difficile à atteindre
Facteurs liés à l’autonomie
- Transferts difficiles.
- Lever précipité.
- Perte de force musculaire.
- Aides techniques mal utilisées.
Sécuriser les levers nocturnes
Les chutes nocturnes commencent souvent avant la chute : réveil, désorientation, lever dans l’obscurité, trajet vers les toilettes, perte d’équilibre ou retour au lit.
Dans les établissements accueillant des résidents atteints de troubles cognitifs, la prévention des chutes doit aussi tenir compte des spécificités d’une unité protégée en EHPAD : déambulation, désorientation, levers nocturnes et besoin de repères stables.
Comprendre le scénario
Le résident se lève seul, sans appeler, parfois sans allumer la lumière ou sans repère clair.
Réduire le risque
- Éclairage automatique doux.
- Trajet lit-toilettes dégagé.
- Chaussage accessible.
- Mobilier stable et appuis lisibles.
Alerter plus vite
Une alerte rapide peut limiter le temps passé au sol après une chute sans témoin ou sans appel volontaire.
Comment prioriser les chambres à risque ?
Une direction ou un cadre de santé peut commencer par les chambres où le risque est le plus documenté, plutôt que déployer les mêmes actions partout.
Signaux à croiser
- Antécédents de chute ou récidive récente.
- Levers nocturnes fréquents ou trajet lit-toilettes sensible.
- Désorientation, troubles cognitifs ou appel malade peu utilisé.
- Transferts difficiles, fatigue ou perte de force.
- Chambre encombrée, éclairage insuffisant ou repères faibles.
Indicateurs à suivre chaque mois
- Nombre de chutes par lieu et par horaire.
- Nombre de chutes sans témoin ou sans appel volontaire.
- Temps estimé passé au sol lorsque l'information est disponible.
- Chambres avec récidive et actions correctives réalisées.
- Retours des équipes sur les alertes, l'environnement et les transferts.
Construire un mini plan antichute
Sélectionnez la situation la plus fréquente dans votre établissement. L’outil propose une première piste d’action : quoi vérifier, quoi corriger, quel indicateur suivre et quelle ressource Domalys consulter. Il ne remplace pas l’évaluation médicale, soignante ou ergothérapique.
Renseignez les critères ci-dessus puis cliquez sur « Générer le plan d’action ».
Prévention, éclairage et détection
La prévention réduit la probabilité de chute, l’éclairage sécurise le lever et la détection réduit le délai d’alerte lorsque l’événement survient.
| Approche | Objectif | Exemples | Ressource |
|---|---|---|---|
| Prévenir | Réduire la probabilité. | Évaluation, chambre dégagée, aides techniques et mobilier adapté. | Mobilier EHPAD |
| Sécuriser | Rendre le lever lisible. | Éclairage doux, repères visuels et trajet dégagé. | Noctulys® |
| Détecter | Réduire le délai d’alerte. | Alerte automatique en cas de chute sans témoin. | Aladin+® |
| Mesurer | Objectiver l’impact. | Nombre de chutes, temps au sol, coûts et récidives. | Calculateur |
Quels indicateurs suivre ?
Un plan antichute doit être mesurable. Les indicateurs permettent de prioriser les chambres, repérer les récidives et vérifier si les actions réduisent le risque.
Événement
- Nombre de chutes.
- Lieu et horaire.
- Chute avec ou sans témoin.
Conséquence
- Temps passé au sol.
- Transfert ou hospitalisation.
- Retentissement sur l’autonomie.
Profil
- Récidive.
- GIR ou niveau d’aide.
- Traitements ou désorientation.
Action
- Mesure corrective.
- Équipement installé.
- Réévaluation planifiée.
6 étapes pour passer à l’action
Une démarche efficace doit être pilotée, documentée et réévaluée.
Cartographier
Identifier les résidents, horaires et chambres prioritaires.
Mesurer
Suivre les chutes, récidives, lieux et temps mobilisé.
Sécuriser
Adapter chambres, éclairage, mobilier et aides techniques.
Équiper
Déployer les solutions sur les chambres à risque.
Former
Partager les usages, alertes et critères de priorisation.
Réévaluer
Comparer les résultats avant et après les actions menées.
Ce que les équipes observent souvent sur le terrain
Dans un établissement, la chute est rarement liée à un seul facteur. Elle apparaît souvent au croisement d'un moment sensible, d'un environnement peu lisible et d'une capacité d'appel limitée.
Le lever nocturne
Le résident se lève rapidement, parfois désorienté, avec un trajet lit-toilettes mal éclairé ou encombré. L'action prioritaire consiste à rendre ce déplacement plus lisible.
La chute sans appel
Après l'événement, le résident peut être trop éloigné du bouton, confus, douloureux ou incapable de déclencher l'appel malade. La détection automatique peut alors compléter le dispositif manuel.
La récidive
Une chambre, un horaire ou un profil résident peut concentrer plusieurs incidents. Le suivi des lieux, heures et causes probables aide à prioriser les corrections.
Exemple de fiche d'analyse après une chute
Une analyse utile reste courte, exploitable en équipe et orientée vers l'action. Elle doit permettre de comprendre ce qui s'est passé et ce qui peut être corrigé.
| Élément à renseigner | Question utile | Action possible |
|---|---|---|
| Lieu | Chambre, salle d'eau, couloir, salle à manger ou espace collectif ? | Vérifier circulation, appuis, sol, mobilier et visibilité du trajet. |
| Horaire | La chute survient-elle la nuit, au lever, après le repas ou pendant un transfert ? | Adapter éclairage, surveillance, accompagnement ou organisation. |
| Appel | Le résident a-t-il pu appeler ou l'événement est-il resté sans témoin ? | Vérifier accès à l'appel malade et besoin de détection complémentaire. |
| Contexte | Obstacle, précipitation, désorientation, transfert difficile ou fatigue ? | Corriger l'environnement et réévaluer les aides techniques. |
| Suivi | Y a-t-il récidive dans la même chambre ou au même horaire ? | Prioriser la chambre et suivre l'évolution sur plusieurs semaines. |
Risque de chute, conséquences et syndrome post chute
En EHPAD, une chute peut avoir des conséquences physiques, psychologiques et organisationnelles. Le sujet dépasse l’accident ponctuel : il concerne la sécurité, la charge en soins, la coordination entre professionnels, la qualité de vie du résident et la capacité de l’établissement à agir lors des situations graves.
Après une chute, l’équipe doit documenter le contexte, rechercher les causes, surveiller l’état de la personne, anticiper le syndrome post-chute et mettre en place des actions spécifiques. La prévention devient alors un enjeu majeur de santé publique et d’organisation interne.
| Point à analyser | Conséquence possible | Action de prévention |
|---|---|---|
| Risque de chute répété | Perte d’autonomie, peur de marcher, récidive et surveillance accrue. | Réévaluer les facteurs de risque, le lever, les transferts et la chambre. |
| Conséquences physiques | Douleur, traumatisme, hospitalisation ou baisse de mobilité. | Organiser les soins, tracer l’événement et suivre l’évolution clinique. |
| Peur de tomber après une chute | Peur, évitement, repli, perte de confiance et diminution d’activité. | Coordonner soins, réassurance, mobilisation progressive et appuis adaptés. |
| Charge pour les équipes | Rondes, surveillance, transmissions, analyse et actions correctives. | Prioriser les chambres, suivre les indicateurs et ajuster les procédures. |
| Assurance maladie et santé publique | Coûts, hospitalisations et impact collectif des accidents graves. | Relier la prévention aux sources officielles et aux données datées. |
Repère terrain : une démarche efficace ne cherche pas seulement à compter les chutes. Elle relie le risque de chute, les conséquences, la sécurité, la qualité de vie, les soins et les actions après chute.
Les solutions Domalys qui complètent le plan antichute
Une solution technique intervient après l’analyse du risque et des usages. Chaque équipement répond à une situation ciblée : lever nocturne, chute sans témoin, chambre encombrée, difficulté au lever ou besoin de repos et de stabilité.
Aladin+®
Solution de chambre sans caméra et sans dispositif porté pour éclairer le lever, détecter une situation anormale et alerter les équipes.
- Sans caméra, sans bracelet.
- Éclairage automatique du lever.
- Alerte en cas de situation à risque.
Noctulys®
Éclairage nocturne automatique sous le lit pour guider les premiers appuis et rendre le trajet lit-toilettes plus lisible.
- Lumière douce au niveau du sol.
- Sans montre ni bracelet.
- Utile pour les levers nocturnes.
Modulys® / chambre
Mobilier de chambre EHPAD à intégrer dans une logique d’aménagement : circulation lisible, sol dégagé, rangements accessibles et obstacles limités autour du lit.
- Rangements accessibles.
- Sol plus facile à dégager.
- Circulation plus lisible autour du lit.
Comment financer Aladin+® ?
Le financement d’un équipement Le financement d’un équipement peut être intégré à une démarche globale de prévention, à un programme d’investissement ou à un déploiement progressif. Selon la situation de l’établissement, plusieurs pistes peuvent être étudiées : fonds propres, location, CPOM, crédits non reconductibles, appels à projets ou dispositifs territoriaux.
Le référencement Resah peut faciliter et sécuriser l’achat pour les établissements éligibles, mais il ne constitue pas une subvention. Chaque piste doit être vérifiée selon le cahier des charges, le calendrier, les dépenses éligibles et les crédits disponibles.
Resah
Un cadre d’achat référencé, sans financement automatique.
ARS, CNR et CPOM
Des pistes à étudier selon les priorités territoriales.
Location
Une solution pour lisser la dépense et avancer par étapes.
Expérimentation
Un premier périmètre pour mesurer les résultats avant extension.
Prévention des chutes : 8 ressources pour passer du risque au pilotage
Chaque ressource ci-dessous approfondit une étape précise : évaluer, prévenir, réagir, analyser, mesurer ou choisir une solution adaptée.
Protocole après une chute
Organiser les premiers gestes, la surveillance, la traçabilité et l’analyse des circonstances.
Évaluation du risque
Repérer les résidents, chambres, moments et facteurs qui nécessitent une action prioritaire.
Chutes nocturnes
Analyser le lever, l’obscurité, le trajet lit-toilettes, la fatigue et l’organisation de nuit.
Commission chute
Suivre les récidives, les causes, les chambres concernées, les indicateurs et les actions correctives.
Syndrome post-chute
Repérer la peur de tomber, la restriction des déplacements et le risque de perte d’autonomie.
Statistiques et coût des chutes
Replacer les événements dans les données publiques et objectiver leur impact organisationnel.
Détecteur de chute EHPAD
Découvrir une solution de chambre destinée aux situations sans témoin ou sans appel volontaire.
Retour du CHU de Poitiers
Comprendre comment un établissement a relié chambres prioritaires, alerte, intervention et suivi des événements.
Approfondir la détection, le coût et l’environnement
| Besoin complémentaire | Page à consulter | Utilité |
|---|---|---|
| Limites de l’appel volontaire | Appel malade et chute | Prévoir les situations où le résident ne peut pas déclencher lui-même l’alerte. |
| Comparaison technologique | Comparatif des détecteurs | Comparer observance, intimité, fonctionnement et contraintes organisationnelles. |
| Estimation interne | Calculateur coût des chutes | Estimer le temps et les coûts à partir des données propres à l’établissement. |
| Environnement de la chambre | Aménagement chambre EHPAD | Travailler la circulation, les obstacles, le mobilier, les appuis et l’entretien. |
Sources et chiffres à consulter
La prévention des chutes repose sur une approche multifactorielle : repérage du risque, environnement, aides techniques, activité, alerte et suivi. Les données chiffrées doivent être lues selon leur périmètre : monde, France, population âgée ou EHPAD.
Repères généraux sur le vieillissement et le risque de chute chez les personnes âgées. Voir la synthèse encyclopédique.
Article du 13 mars 2026 sur la hausse des décès associés aux chutes chez les plus de 65 ans. Lire l’article du Monde.
Retour sur un programme hospitalier travaillant l’équilibre et la force pour réduire le risque de chute. Lire le reportage France Inter.
FAQ sur la prévention des chutes en EHPAD
Questions fréquentes sur le risque de chute, le protocole, la formation, les ateliers, les conséquences, le syndrome post chute, les levers nocturnes et la coordination des soins.
Comment prévenir les chutes en EHPAD ?
Il faut combiner une évaluation individuelle, l’adaptation de l’environnement, le maintien des capacités, la formation des équipes, le suivi des indicateurs et une organisation permettant d’alerter rapidement lorsqu’un résident ne peut pas appeler.
Quels résidents sont les plus à risque ?
Les résidents les plus exposés peuvent présenter des antécédents de chute, une désorientation, des troubles de la marche, une perte de force, des transferts difficiles, des levers nocturnes fréquents ou une difficulté à alerter.
Comment sécuriser les levers nocturnes ?
Il faut rendre le trajet plus lisible : éclairage automatique doux, sol dégagé, mobilier stable, appel malade accessible, chaussons adaptés et détection complémentaire si le résident ne peut pas alerter.
L’appel malade suffit-il ?
Pas toujours. Un résident peut être désorienté, douloureux, inconscient, incapable d’atteindre le dispositif ou de comprendre qu’il doit appuyer. Une détection automatique peut alors compléter l’appel volontaire.
Quels indicateurs suivre ?
Les indicateurs utiles sont le nombre de chutes, le lieu, l’horaire, les circonstances, le temps passé au sol, les récidives, les hospitalisations, les chambres concernées et les actions correctives réalisées.
Où trouver les chiffres 2026 ?
Domalys a centralisé les statistiques 2026 sur les chutes des personnes âgées : décès, hospitalisations, coût annuel, données France, monde et EHPAD.
Comment financer un projet antichute ?
Selon la situation de l’établissement, un projet peut être financé sur fonds propres, intégré à un programme d’investissement, loué ou présenté dans un dossier relevant d’un CPOM, de crédits non reconductibles, d’un appel à projets ou d’un dispositif territorial. Le Resah facilite l’achat mais ne constitue pas une subvention.
Prévention des chutes en EHPAD HAS : que retenir ?
La HAS met l’accent sur une prévention multifactorielle : évaluation du risque, troubles de l’équilibre, médicaments, environnement, maintien de la mobilité et suivi après l’événement. En EHPAD, ces repères doivent être traduits en actions concrètes : chambre sécurisée, plan antichute, transmissions, indicateurs et coordination des équipes.
Atelier prévention des chutes en EHPAD : que peut-on proposer ?
Un atelier peut travailler l’équilibre, la marche, la force musculaire, les transferts, les appuis, la peur de tomber et les bons réflexes au lever. Il doit rester adapté aux capacités des résidents et s’inscrire dans un plan global : environnement, soins, matériel, suivi et repérage des personnes les plus exposées.
Protocole prévention des chutes en EHPAD : quels éléments intégrer ?
Un protocole doit préciser le repérage du risque, l’analyse des circonstances, les actions avant et après chute, les responsabilités, la traçabilité, les indicateurs, les transmissions et les mesures correctives. Il doit aussi prévoir les situations spécifiques : chute sans témoin, lever nocturne, troubles cognitifs ou récidive.
Formation prévention des chutes en EHPAD : qui former ?
La formation concerne les soignants, les équipes hôtelières, les cadres, les référents qualité et toute personne impliquée dans les déplacements, les transferts ou l’aménagement des espaces. Elle doit aborder les facteurs de risque, les levers nocturnes, les conséquences, le syndrome post chute, les aides techniques et la conduite à tenir.
Prévention des chutes des personnes âgées en EHPAD : quelles priorités ?
Les priorités sont l’évaluation du risque de chute, la sécurisation de l’environnement, le maintien des capacités physiques, l’adaptation des aides, la coordination des soins et le suivi des chutes. La démarche doit préserver la qualité de vie tout en réduisant les situations graves ou répétées.
Comment lutter contre les chutes en EHPAD ?
Il faut combiner évaluation individuelle, aménagement de la chambre, éclairage nocturne, mobilisation, révision des traitements, protocole post chute, formation des équipes et suivi d’indicateurs. Les solutions techniques peuvent compléter la démarche lorsque l’appel volontaire ne suffit pas ou lorsque le risque de chute est élevé.
Structurer votre démarche antichute
Priorisez les chambres, objectivez le risque de chute, mesurez les conséquences, coordonnez les soins et choisissez les actions adaptées aux usages de votre établissement. Cette démarche protège la sécurité, réduit la charge évitable et structure la prévention des chutes en EHPAD.